

Mettre les plus pauvres et les plus fragiles au centre des préoccupations et de la dynamique de la vie de l’Église
Nous avons développé ce thème en trois chapitres :
Construire la vie communautaire avec les plus pauvres et les plus fragiles au centre, sur un territoire d’Église
Faire entendre le cri des plus pauvres et écouter leur sagesse
Mettre en place une Pastorale diversifiée qui fasse place aux plus pauvres
Remarque préalable : Concernant les « pauvres » ou « fragiles » nous retenons dans ce document la définition retenue par François Odinet dans son récent livre Maintenant le Royaume, « personnes qui vivent dans un entrelacs constitué de misère économique, de relégation sociale et de mépris culturel ».
Construire la vie communautaire avec les plus pauvres et les plus fragiles au centre, sur un territoire d’Église
Quels enjeux ?
Sortir de l’entre-soi, éviter le repli de l’Église sur elle-même, être une Église à l’écoute des problèmes de la société, une Église qui crée des ponts.
Affirmer très fort que, sans les pauvres, l’Église n’existerait pas. Dans les
Évangiles, les pauvres sont au point de départ. Nous comporter avec eux comme Jésus l’a fait, entendre la manière dont les plus pauvres nous appellent à nous transformer, à nous réformer, à cheminer avec eux.
Des propositions
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Veiller à ce que des liens s’établissent entre la communauté chrétienne sur un territoire et une structure d’accueil ou d’aide à l’insertion (par exemple un cada : centre d’accueil de demandeurs d’asile).
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Vivre avec les plus fragiles un compagnonnage spirituel en cheminant ensemble afin de se laisser inspirer, vivifier par le témoignage et la prière de ceux qui ont vécu l’épreuve et l’aide de personnes qui leur ont permis de se relever.
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Éditer chaque année une version simplifiée du livret diocésain pour la lectio divina en groupe, avec un vocabulaire plus accessible de façon à faciliter le partage de la Parole à tous
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Développer la « Visitation à la rue » : groupes qui vont à la rencontre de SDF pour les saluer au nom de l’Église.
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Multiplier les repas partagés où chacun est acteur et vient vivre un temps fraternel, où l’apport des plus fragiles est valorisé, où on peut dire des choses dérangeantes, où on se tutoie et s’appelle par son prénom, où on vient avec une personne isolée ou en difficulté
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Dans les instances paroissiales, créer des manières de s’organiser différentes éventuellement de ce qui existe déjà, où ceux qui sont fragiles peuvent participer à la réflexion et à la prise de décisions.
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Beaucoup de personnes fragiles souhaitent participer, prendre toute leur place et tenir à ce que leur parole soit entendue
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Associer les plus fragiles aux préparations et animations de célébrations ou de messes (à Notre Dame La Riche par exemple, une jeune trisomique distribue l’eucharistie).
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Mettre en place à un rythme régulier une célébration adaptée incluant des temps de partage.
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Mettre à disposition des lieux d’accueil permettant l’hébergement de personnes sans domicile fixe ; bien veiller à la formation des accueillants.
Faire entendre le cri des plus pauvres et écouter leur sagesse
Quels enjeux ?
Sortir d’une forme d’élitisme qui oublie « la chair des pauvres », qui oublie ceux dont les manières de croire, de prier, passent sous les radars de l’Église. Être une Église où les différences ne font pas peur, où les talents des uns et des autres sont mieux reconnus.
Cultiver la rencontre de l’autre et l’humilité
Des propositions
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Appeler des plus pauvres à participer aux EAP et au Conseil Pastoral diocésain
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Appeler dans les EAP un(e) chargé(e) de la solidarité
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Avoir le souci, au niveau paroissial comme au niveau diocésain, de se réorganiser, de se remettre en question, à partir d’échanges avec des plus fragiles rencontrés par exemple à la Barque, dans la prison, à la Fraternité saint Martin, à la table de Jeanne Marie
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Multiplier les échanges entre associations de solidarité laïques ou confessionnelles et les paroisses
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Rendre plus audible le cri des pauvres dans la communication intra Église diocésaine. (référence à « l’agence de com Bartimée » dans l’Évangile) : cf. RCF, bulletins paroissiaux, Église en Touraine, site web, réseaux sociaux.
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Évoquer dans les annonces de fin de messes l’accueil des migrants, les tables ouvertes partagées et autres initiatives qui ne sont pas des célébrations religieuses.
Mettre en place une Pastorale diversifiée qui fasse place aux plus pauvres
Quels enjeux ?
Rejoindre des personnes en grande pauvreté éloignées de l’Église et en recherche de sens à leur vie, de spiritualité
Proposer une Église qui se fait proche, qui s’incarne dans des fraternités, des petits groupes de chrétiens au plus près des gens.
Repenser le ministère du diacre et son exercice, la diaconie étant fondée sur la figure du Christ serviteur
Des propositions
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Avoir de la part de l’Église une pastorale adaptée aux quartiers sensibles, prioritaires (en parallèle de ce que font l’État et les communes de la métropole tourangelle pour l’amélioration de la vie matérielle et sociale des habitants de ces quartiers)
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Donner aux diacres prioritairement une mission de service aux plus fragiles ✔ Faire évoluer la « coordination de la diaconie » sur le diocèse vers un pôle diocésain de la diaconie
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Demander aux paroisses d’établir un projet pastoral annuel ou pluriannuel. Que ce projet comprenne en bonne place des actions avec les plus pauvres des territoires desservis par la paroisse.
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Échanger les expériences entre territoires, entre paroisses, coordonner les actions au niveau des paroisses et des doyennés en réactivant les « pôles de solidarité en doyenné » qui ont été abandonnés alors qu’ils permettaient de créer des synergies entre territoires et d’impulser des projets innovants.
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Instituer des rencontres régulières au niveau de la paroisse avec ceux qui sont impliqués dans l’accompagnement des plus pauvres